From Thursday to Sunday

Thursday.

Ce matin j’avais un costume. J’ai réussi à dire ‘Analyse Factorielle des correspondances’ à un oral et puis après j’étais en vacances. Cet après midi, on est allé se promener avec Ronan. On a évité les lycéens qui se battaient avec la neige (Je parie que les lycéennes se sont quand même retournées pour regarder nos fesses). On a joué au jeu Avatar sur PC dans un magasin avec des lunettes 3D (J’ai rien compris, tout le monde me tirait dessus alors que j’essayais juste de fuir). Et maintenant il dort sur mon lit (Il vient de se réveiller pour me dire « c’est l’histoire d’un mec qui rentre dans un café et qui dit ’salut c’est moi’ alors qu’en fait c’est pas lui »). Je vais le réveiller pour qu’on joue à Worms Armageddon en attendant Célia (Ils ont des horaires pas possibles en fac de Cinéma, on dirait qu’ils travaillent plus que nous – Ce dont je doute forcement, nous on porte des costumes, attention ! On est pas n’importe qui !  -). Brefbrefbref, jai pas un ‘photoblog’ pour ne pas poster de photos.

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Sunday.

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Cap à l’ouest. Mais cette fois çi je ne m’arrêterais pas en gare de Quimperlé comme d’habitude. On va pousser un peu plus loin, traverser l’atlantique. Alors forcement ce voyage, je l’attends beaucoup. Avec un peu d’appréhension quand même parce que aussi grand que je sois, j’ai un peu peur en avion (Je précise que cette phrase n’atténue en rien ma virilité).

Alors je repense à tout un tas de choses. Le New York musical du Velvet Underground,  de John Zorn. Le New York du cinéma, Taxi Driver, Il était une fois en Amérique. Et puis surtout à mon New York littéraire. Celui de Serge Doubrovsky, de Henri Miller et plus encore celui de Louis Ferdinand Céline.

Avant de vous quitter je ne peux m’empêcher de citer Céline. ça vient de Voyage au bout de la nuit.

Pour une surprise, c’en fut une. À travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu’on découvrait soudain que nous nous refusâmes d’abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu’on était on s’est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous…
Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.
On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur. Mais on n’en pouvait rigoler nous du spectacle qu’à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose. et rapide et piquante à l’assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s’engouffraient aussi à la charge du vent. Notre galère tenait son mince sillon juste au ras des jetées, là où venait finir une eau caca, toute barbotante d’une kyrielle de petits bachots et remorqueurs avides et cornards.
Pour un miteux, il n’est jamais bien commode de débarquer de nulle part mais pour un galérien c’est encore bien pire, surtout que les gens d’Amérique n’aiment pas du tout les galériens qui viennent d’Europe. C’est tous des anarchistes » qu’ils disent. Ils ne veulent recevoir chez eux en somme que les curieux qui leur apportent du pognon, parce que tous les argents d’Europe, c’est des fils à Dollar.
J’aurais peut-être pu essayer, comme d’autres l’avait déjà réussi, de traverser le port à la nage et de me mettre à crier : « Vive Dollar ! Vive Dollar ! » C’est un truc. Y a bien des gens qui sont débarqués de cette façon-là et qui après ça on fait des fortunes. C’est pas sûr, ça se raconte seulement. Il en arrive dans les rêves des biens pires encore. Moi j’avais une autre combinaison en tête, en même temps que la fièvre.

Commentaires (4)

  1. clem a écrit :

    Moi c’est le New York de Paul Auster. Chacun le sien, I guess. Bon voyage mec. Ramène des images et des mots!

    ps: big up pour l’embrouille du jury à base de science statistique.

    17/12/2009 à 6:50
  2. Violenn a écrit :

    Yes, have a nice trip BRO

    très belle photo de fenêtre.

    17/12/2009 à 7:06
  3. marchange a écrit :

    Ton style me fait penser à « Cher journal… »

    Amuse-toi bien à la grosse pomme !

    ps : je reconnais la marque des grands dans le « Zou ! » ;) etzouuuu

    17/12/2009 à 9:24
  4. Gilles a écrit :

    J’ai ris ! Cool.

    Pareil que Clém, big up pour le jargon de stats !
    Et ramène des photos, ouais. Pleins, ouais.

    18/12/2009 à 10:09